[Couplet 1 : Teki Latex]
J'reste droit, comme une infinie ligne en acier
La colonne vertébrale chargée d'électricité comme si j'allais disjoncter
Discret, souterrain, d'un calme chromé métallique
Suivant donc différents mécanismes, côtoyant différents micro-organismes
Les rats, les blattes, les mégots de cigarettes abîment ma surface et m'oxydent
C'est sur moi que la roue tourne et glisse comme un patin à glace
J'ai trop le speed, sur mon sillon, des peuples entiers sont soudain légers comme des plumes
Je ressens des vibrations tout le long lorsqu'au loin, les petites lumières s'allument
Transmission en code morse, station après station
L'annonce d'une arrivée comme une prémonition
Un son sourd, un concours de circonstances
Lorsque deux monstres de métal se croisent, je tremble, je sursaute et je danse
Je m'étale, je rase le sol, je m'écrase pour mieux les laisser s'affronter, soutenant leurs pieds
Souvent, je me chevauche moi-même, Paris est quadrillé
Mes tentacules se déploient d'une porte à l'autre de la ville
J'ai tellement de style que certains me sniffent
Une tige en ferraille, polie, limitée, je suis un rail
[Couplet 2 : Tido Berman]
L'Humanité, j'transporte, comme un atlas, le monde supporte
Sur les quais, les uns s'endorment volontiers, se téléportent
Aux heures de pointe, les mauvaises odeurs, on s'coltine
Esquive la sueur des autres, on s'agglutine
Mes circuits, j'alimente d'éléctrodes
Des baromètres indiquent des pressions, des écrans, des codes
Des hommes en uniformes rôdent, d'autres font marche arrière s'ils fraudent
Dans ton casque, écoute ma prod
On circule dans d'énormes tubes où des clochards nous embaument
Certains les dévisagent, occultes, agissent comme sur le trône d'un royaume
Un borgne est dans le tumulte d'une foule ethnique amplifiée
Grogne de rage dans sa barbe des élucubrations tragiques, catastrophiées
Ce borgne extériorise sa hargne, transformée en haine
J'reste de marbre et pourtant, ça me gêne
Vas-y, graffe ou tague, tard, roule un oinj de taille
Hard est le nombre de mecs qui se jettent sur mes rails, t'es dans le trom'
[Couplet 3 : Cuizinier]
Des pas se font entendre
La masse au travail doit se rendre, bienvenue dans ma paroi stressante
Comme le bruit d'une craie qui crisse sur une ardoise
Tous profils se croisent et se faufilent
De la boulangère à l'étrangère au MC bidon se la racontant
Je suis sous protection
Des caméras identifient, les contrôleurs vérifient
On me décrasse chaque jour de ces hiéroglyphes complexes
Un truc important, analyse la saleté dans laquelle t'es en train de te balader
Tu marches comme un robot, lobotomisé
Essayant de lire les indications recouvertes de stickers
"Des pickpockets sont susceptibles d'agir", tu entends venant des speakers
Protège ton oseille, les freins grincent sur les rails et irritent tes oreilles
Lorsque tu empruntes mes corridors aux odeurs cadavériques
Prends la correspondance, je suis une souterraine galerie