[Paroles de "Farafina"]
[Couplet 1: Moussa Traoré]
Afrique, mon Afrique, ton histoire est ancrée dans la mémoire de ma peau noire
De tes heures de gloire, jusqu'à cette longue série noire
Engendré par tant de drames, ça vire au mélodrame
Parce que tu verses encore des larmes, cruels sont ses actes
Il a forcément des stigmates, alors quand j'regarde ta terre rougeâtre
J'pense au sang versé par les coups d'fouet de l'esclavage et des travaux forcés
Afrique, terre de richesse mais regarde ce que ça t'apporte, rien d'autre que de la tristesse
Une immensité de détresse qui m'donne toujours ce même goût amer
Quand je fais face à toute cette misère
Alors quand tu reçois des dons, j'ai l'impression qu'on t'fait passer pour le roi des cons
Et en plus, il faudrait que tu te dises que tu as du bol
Parce que des guignols se sont déguisés en bienfaiteurs en portant des auréoles
C'est se foutre de la gueule du monde, ma parole
[Couplet 2: Moussa Traoré]
Afrique, mon Afrique, terre de mes ancêtres
Terre qui m'a vu naître, faut que j'te fasse part de mon mal-être
Car tu t'comportes comme une vulgaire marionnette
Pourquoi tu t'grattes la tête? Coupe les ficelles, mes mots sont cruels
Mais c'est parce que j'te voue un amour éternel
J'espère que ce morceau soit, enfin, pour toi, le réveil
Parce que ça fait longtemps que tu sommeilles
Bercé par cette douce mélodie que te chante "Babylon System"
Te voir à la traîne me fait tant de peine
Afrique, soit autonome, fais pas l'aumône, récupère ton trône
T'es l'berceau d'l'humanité, faut pas l'oublier
Et pour te défendre, tant d'hommes sont morts, t'as pas l'droit de l'oublier
Ne faiblis pas, ne baisse pas les bras
Te relever s'ra le plus dur de tes combats
Et dis à tes enfants qu'ils n's'entretuent pas
Car le véritable ennemi n'est pas toujours celui contre qui on se bat
Mais le plus souvent, c'est celui qui profite des dégâts
[Couplet 3: Moussa Traoré]
Afrique, mon Afrique, retiens tes gosses
Car beaucoup meurent dans la mer en voulant atteindre l'Occident
Tant de rêves qui se noient dans c'qu'on appelle le néant
Et n'oublie pas que nul n'est supérieur, à part l'Être Suprême
Alors, brise enfin de ton esprit, des chaînes